Il n'y a personne à la terrasse du café qui donne directement sur la rue à sens unique qui longe le lac Peten-Itza. Je bois lentement un jugo de naranja (jus d'orange).
Dans sa barque, accostée au quai, un homme me fait un signe de la main
et m'indique son embarcation. Je lui fait signe de s'approcher. Il vient
lentement et, dirais-je, doucement, et demande la permission de
franchir la grille et gravir les trois marches de la
terrasse en jetant un coup d'oeil au serveur qui entérine mon
invitation.
L'homme est de petite taille, mince, l'air aimable et le sourire
sous-entendu, intelligent. Il a l'attitude humble, le regard convivial
mais prêt a détourner les yeux devant une rebuffade.
Il s'adresse à moi en bon anglais. Je lui répond en mauvais espagnol. Il récidive en anglais, j'insiste en espagnol.
Je suis l'HOMBRE DE LA LANCHA (l'homme de la barque), fait-il et il ne vous en coûterait 200 Q
pour voir le lac, les oiseaux, le développement de la rive. Comme je n'ai
que le temps à regarder passer devant moi, j'accepte.
Nous parlons peu de politique qui demeure un sujet suspect, mais nous
parlons beaucoup de sa vie quotidienne, agrémentée de la présence
policière, de l'armée, la pêche, la protection des animaux, des gens
dont il faut se méfier, surtout si on est en aide humanitaire,
et en particulier de ceux qui vous saisissent la main pour montrer
publiquement qu'ils vous connaissent bien et ... justement hier...
La ville de Florès s'est beaucoup policée ces dernières années passant de 2 policiers à 35.
Il m'explique l'importance des condamnations si quelqu'un porte une
arme, un couteau, ou si on vous voit en contact avec un personnage
inconnu ou louche.
Il écrit du doigt des chiffres invisibles sur le bancs de la lancha (la barque) m'indiquant le nombre de mois ou d'années de condamnation dans ces
circomstances, tout comme il inscrit du doigt encore son âge en
demandant le mien. Il me donne dix ans de moins que lui alors
que j'ai dix ans de plus que lui.
Sa voix est douce, chaleureuse, un peu longue avec des teintes de
tristesse ou de mélancolie rappelant l'époque ou il pouvait pêcher sur
le lac alors qu'on y trouvait encore des crocodiles tués au profit des
amateurs de bourse ou autres objets en peau de crocodiles.
Aujourd’hui, la mort du crocodile coûte 10 ans de détention comme il
vient de l'écrire sur le banc de la chaloupe.
Il m'appelle son ami québécois en bon anglais et je lui demande s'il
connaît le Québec, en mauvais espagnol. Il a un ami au Québec.
Il imsiste pour prolonger la visite.
Il me montre ses animaux qu'un groupe de scientifiques tentent de
protéger et qu'ils laissent partir progressivement vers la jungle à son
plus grand plaisir.
Il connaît chaque oieseau et me montre un perroquet qui parle très nettement ... en anglais.
Il caresse les arbres de la main et en particulier celui qui est noir
qui tue les moustiques contrairement au brun qui ne sait rien faire. Il
montre cet autre qui donne à boire si on est perdu en forêt.
Il a 5 fils, dont l'un vit la-bas sur l'autre rive qu'il indique de son doigt fatigué qui a longtemps tenu la canne a pêche.
Il relance le moteur qui tousse plus que moi et qui refuse de démarrer a
plusieurs reprises. La corde raidie est plus résistante que sa force
physique. C'est à cause des herbages du fonds de l'eau m'explique-t-il.
Je l'assure qu'au prochain passage, je rétablirai le contact avec lui .
Il me rappelle son nom et nous parlons tout au long du parcours de retour lui en bon espagnol et moi en mauvais espagnol.
Salut Victor.
Ce blogue vous informe sur l'évolution du projet Casira d'Onil Boilard et de Gaëtan Drolet à l'automne 2013 à l'Aldea Chacalte dans le département du Peten au Guatemala.
samedi 23 novembre 2013
jeudi 21 novembre 2013
Article/19 On termine le plancher de l'école
Article/19 On termine le plancher de l'école
La quincaillerie où l'on
s'approvisionne.
Prêt pour la livraison de 25 poches de béton.
Jeu d'eau avec la truelle de l'albanil
(le maçon).
On termine la dernière des six
sections du plancher.
Rien ne se perd.
On coule la fondation de ce qui
deviendra le trottoir devant l'école.
Le dépanneur (tienda) où l'on achète
les refrescos pour la pause. Ils sont toujours prêts à transporter
le tout.
Article/18 Livraison et installation du moulin à moudre le maïs
Article/18 Livraison du moulin
Les hommes de Nuevo Nacimiento Maguila
viennent prendre possession du moulin à mixtamal (à moudre le maïs). Le moulin
initialement prévu pour Chacalte, qui a déjà accès à trois
moulins, a été cédé par la volonté de l'aldea à une communauté
plus démunie.
La fierté d'un maire pour sa
communauté.
La plaque reconnaissant le don du
moulin à la communauté de Maguila.
Maison typique de Maguila
Inauguration du moulin
Nous avons été invités à manger les
premières « tortillas » issues de l'utilisation du
moulin.
Coucher de soleil vue de notre galerie.
Chroniques d'Onil/1 Les femmes
TROIS FEMMES
Sur notre route de sortie, trois femmes bien mises se reposent sous l'oeil perplexe du troupeau de vaches. On les entend rire et elles nous regardent avec étonnement lorsque nous leur offrons de monter a l'arrière du véhicule avec leur fardeau. Les femmes comme les enfants transportent de lourdes charges de bois et d'épis de maïs avec l'aide d'une sangle qui encercle le front. Je saisis la charge de la femme plus agée qui fait je crois dans les 45 ans. Ouf, je plie les genoux: le poids me semble équivalent à la poche de ciment guatémaltèque que nous balançons chaque jour dans le mixeur, soit une cinquantaine de kilos.
Sur notre route de sortie, trois femmes bien mises se reposent sous l'oeil perplexe du troupeau de vaches. On les entend rire et elles nous regardent avec étonnement lorsque nous leur offrons de monter a l'arrière du véhicule avec leur fardeau. Les femmes comme les enfants transportent de lourdes charges de bois et d'épis de maïs avec l'aide d'une sangle qui encercle le front. Je saisis la charge de la femme plus agée qui fait je crois dans les 45 ans. Ouf, je plie les genoux: le poids me semble équivalent à la poche de ciment guatémaltèque que nous balançons chaque jour dans le mixeur, soit une cinquantaine de kilos.
Elles viennent de parcourir 3 kilomètres et il ne leur en reste
que deux à faire sur notre route de gravier, cicatrisée et dont les
butes en forme de dos de chameau rendent le parcours si difficile A
destination, je leur tends la main pour redescendre
mais elle préfèrent mon avant bras qu'elles touchent timidement en
rigolant. Adios
CRISTINA
Une maitresse femme typique de la nation Q'eqchi', présidente du
groupe des femmes qui ont fait la démarche pour le moulin a maïs. Elle
traverse lentement notre chantier a deux ou trois reprise par jour,
tenant par la main sa toute petite. Elle porte
la jupe traditionnelle (el corté) que portent toutes les femmes de chaque groupe maya
dont le nombre s'élève à 22 communautés parlant autant de dialectes
différents.
Elle respire la force et la hardisesse mais son pas est lent et
son discours ne devient ardent qu'au moment des discussions qui
concernent la nation. Elle est sans compromis et peut haranguer la
population avec flamme pendant longtemps faisant fi de
ses opposantes.
Lors de la démarche d'élection du prochain maire qui entrera en
poste en janvier, les femmes s'étaient regroupées sous le toit de la
galerie de l'école intervenant à chaque fois que la discussion n'était
pas à leur avantage. Cependant, l'Ancien (el anciano) avait
pris soin de signaler qu'au village voisin la population avait élu
une femme maire mais que cette option n'était pas recevable dans cette
communauté-ci et le nouveau maire est UNE HOMME.
ROSALIA
A mon entrée dans le vestibule de l'hôtel, je ne voyais que le
dessus de ses magnifiques cheveux noirs. Rosalie lève la tête; elle
est mince, de petite taille et elle a 21 ans, des traits si fins, des
yeux pleins de charme et un esprit vif.
Non elle ne croit pas au discours des politiciens. Ces gens-là
ne savent rien de la vraie vie sur le terrain; malgré des progrès , la
société demeure machiste et elle-même, gagne 25% de moins qu'un
confrère faisant le même travail qu'elle; d'ailleurs
dans une situation de choix, le patron, lui aussi machiste,
retiendrait la candidature d'un homme bien avant elle.
Elle ne parvient pas à me dire si elle choisirait la famille ou
la profession comme chemin de vie; puis elle balait l'air de sa main en
camouflant un rire cristallin et ricane légèrement. Bien
sûr, elle se mariera l'an prochain avec un
garçon qu'elle a connu au collège.
Rosalie aimerait bien trouver un emploi plus payant (125...$
semaine) mais ne voit pas a quel moment les choses pourraient s'améliorer. Sa vie est tracée.
samedi 16 novembre 2013
Article/17 On commence le plancher
Article/17 On commence le plancher
On débute la première des six
sections du plancher.
Coulée de béton
Transport de béton
Une première finition
Une première section terminée
Mélange de sable et de béton qui
deviendra la couche de finition finale.
La dernière touche
Une truelle extensible fabriquée sur
place avec une branche d'arbre, le tout attaché avec une corde.
Ces trois frères ont entre 4 et 9 ans.
Ils ont passé toute la journée à travailler avec nous.
Il a douze ans et porte ses 100 livres de
ciment.
vendredi 8 novembre 2013
Article/16 Quelques videos
Nous vous présentons ces quelques videos que nous n'avions pu mettre sur Internet faute d'un accès adéquat.
Notre première rencontre avec la population locale, occasion de se présenter et aborder le projet de la nouvelle école.
Beto notre albanil (maçon et contremaître) avec l'ex-maire Julio lequel nous a introduit à la population l'an dernier.
Premiers coups de machete sur le site de l'école.
Le bélier mécanique à la rescousse de la machete.
Article/15 Encore du béton et encore de la pluie sur le chantier.
Article15/ Encore du béton et encore
de la pluie
Journée de vaccination au Centre de
santé. La salle d'attente est pleine.
Les dons de médicaments de quelques-uns de nos donateurs.
L'une des dernières coulées de la
fondation.
Douglas, le fils du maire nous accompagne depuis le début.
On transporte le gravier à la
chaudière sur près de 200 mètres pendant que les québécois(ses)
remplissent les sceaux.
L'un des côtés est prêt à recevoir
le béton du plancher pendant que l'autre est encore dans la boue.
Diane, la travailleuse des trois
dernières semaines. Merci pour ton aide exceptionnelle.
Les diplômés 2013 de l'école primaire de Chacalte.
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